Le restaurant très connu était devenu une institution sympathique. Il va définitivement fermer ses portes. La ville veut à cet endroit élargir les voies routières. Mais cela a un coût ! : Photo Philippe Arnassan Quelques lignes de délibération qui mettent le feu aux poudres. Lors du dernier conseil municipal, l'indemnité d'éviction proposée par la mairie à un couple de restaurateurs est restée en travers de la gorge de la gauche.
Jean-Pierre Rigolat et son épouse exploitent depuis plusieurs années, un petit restaurant bien connu et dénommé « L'Aristocloche » installée au 15 boulevard Saint-Sébastien. Le couple souhaitant mettre un terme à son activité, « la commune a convenu de mettre en place une résiliation amiable anticipée du bail », moyennant, et c'est là où ça coince « une indemnité de 62 000 e à verser » par le propriétaire, la ville, aux preneurs, le couple Rigolat.
Cinq ans de bénéfices, sans travailler
Une somme qui a fait bondir Yves Bertherat. Pour le représentant de l'opposition de gauche, il y a plusieurs points qui clochent avec « L'Aristocloche » ! Il assure que la ville aurait dû dénoncer le bail lors de la dernière échéance de renouvellement en juin 2009 et ne pas attendre aujourd'hui.
Ensuite, l'estimation établie par les domaines du montant de l'indemnité ne compte pas, selon lui, suffisamment de justificatifs, d'autant que l'immeuble où est installé le restaurant est frappé d'alignement (la ville veut élargir ici les voies routières).
Enfin, « le bilan d'exploitation fait apparaître un chiffre d'affaires de 55 000 e avec une marge bénéficiaire de 12 000 e ». « Les indemnités représentent cinq années de bénéfices, sans travailler. Le restaurateur doit rendre les clefs et la commune ne doit verser aucune indemnité ». Et d'ajouter pour l'UMP, « c'est la nouvelle version du gagner plus, mais là sans travailler plus ».
Cela aurait coûté plus cher
C'est l'adjointe aux commerces, Christel Plantavin qui s'est chargé de lui répondre. « Il n'y avait que deux possibilités, soit ils arrêtaient leur activité et pouvaient vendre leur fonds de commerce. Même frappé d'alignement, le fonds peut se céder. Ou alors, attendre le terme des trois ans de bail, et là on aurait payé plus cher. Et si on avait préempté, cela aurait coûté plus encore. Notre formule est plus souple, plus rapide et plus amiable ».
Le maire a répété sa volonté de voir « le carrefour mieux s'organiser », les bouchons y étant trop fréquents. Il a souligné que petit à petit la ville devenait propriétaire de l'îlot.
Et de noter que la municipalité devait au couple de restaurateurs une indemnité, même « si cela peut paraître étonnant ». Georges Ginesta a soulevé le cas d'un autre établissement dans une situation identique, qui veut cesser son activité depuis 2 ans et qui réclame pour son départ une indemnité trop élevé pour que le budget de la commune, montrant que le cas de Rigolat était plus simple, avant de lancer à la gauche bravache « ne vous acharnez pas sur le petit commerce ».
La gauche, qui a démenti une telle attitude, n'a pas été convaincue de « la bonne gestion des deniers publics dans ce cas », elle a voté contre la délibération, qui a été approuvée par la majorité du conseil.
gaetanpeyrebesse @varmatin.com