Une ombrelle pour se protéger des méfaits du soleil. Et ainsi on peut voyager loin... : Photo Rodolphe Goupil Elle a commencé sagement vendredi soir pour s'achever à grands fracas dimanche. Elle, c'est la traditionnelle fête du raisin de Fréjus. Elle est de ces événements incontournables de la vie de la cité. Logique lorsqu'on sait que les vignobles prospèrent ici depuis l'époque romaine.
Pour prouver, si besoin était, leur savoir-faire, douze domaines viticoles ont investi le coeur historique de Fréjus. Sitôt parés du verre gravé vendu par l'office de tourisme, les visiteurs s'approchent des stands.
Rouge, rosé et blanc. Trois couleurs pour trois lettres : AOC pour Appellation d'Origine Contrôlée. Car le millésime 2005, a connu l'apparition des cépages « Côtes de Provence - Fréjus ».
Une avancée légitime pour Jérôme Paquette, du domaine de Curebéasse. « La situation de parcelle est spécifique à cette zone. La géologie et le climat sont différents du fait de la proximité avec l'Estérel. Le vin a davantage de touches épicées et une forme de sapidité très particulière. Il est donc normal de pouvoir se différencier des autres crus rassemblés sous l'étiquette Côtes de Provence. »
Cette dégustation, c'est une découverte pour les uns, à l'instar des touristes étrangers qui ont beaucoup apprécié, et une confirmation pour des Fréjusiens venus par tradition et pour s'amuser.
La grappe de raisin pressée à même le calice
La fête du raisin trouve son origine dans la tradition religieuse. Elle est en effet célébrée le week-end le plus proche de la Transfiguration.
Le point d'orgue, c'était hier matin. La « messe du raisin » a été célébrée en la cathédrale avec la chorale de la Miougrano. Tradition unique et ancestrale. Le prêtre presse une grappe de raisin à même le calice. Cette manière d'accomplir le rituel eucharistique est la seule à perdurer dans le monde, fruit d'une exception consentie par l'autorité papale.
Costumes traditionnels et danses folkloriques
En ce premier dimanche d'août, la Miougrano de Fréjù a littéralement enflammé la place Formigé. Tout commence avec un défilé, aux côtés du groupe folklorique « Le Velay », en provenance directe et sans surprise du Puy-en-Velay. Leur procession les conduit rue Montgolfier où les attendent les Bravadeurs de l'association des Amis de Saint-François de Paule. Ces quinze hommes en costume provençal « viennent en tant qu'amis participer à la fête. Ils la ponctuent en tirant des salves avec leurs tromblons », explique Olivier Lyan, membre de la Miougrano.
Après la messe, place à la « danse de la souche ». Onze jeunes filles font la farandole jusqu'à ce que l'une d'entre elle dépose le cep dans les flammes. Les couples ont ensuite enchaîné les pas sous les applaudissements nourris de la foule. Car malgré un soleil accablant, les spectateurs n'ont pas hésité à s'amasser autour de la piste pour assister à la fête.
Le rendez-vous est d'ores et déjà pris pour 2009. La Miougrano de Fréjù va souffler sa cinquantième bougie.