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Var-Matin
Actualité Fréjus-Saint-Raphaël
mardi 19 février 2008

Fréjus - Interdiction de fumer : les cafetiers en colère

 Parmi les commerçants en colère, Bernard Lysiane, Sébastien Corsiez, Christine Bus, Dominique Brami et Claude Durner.  :  Photo Ph. Arnassan Parmi les commerçants en colère, Bernard Lysiane, Sébastien Corsiez, Christine Bus, Dominique Brami et Claude Durner. : Photo Ph. Arnassan

Soit on nous accorde des aménagements, soit on va faire bouger le pays. Il y en a ras le bol ! » Hier, une partie des cafetiers et des buralistes du quartier de Saint-Aygulf s'était rassemblée à la brasserie le Bahia's pour dénoncer les effets désastreux de l'interdiction de fumer dans les bars. « Notre chiffre d'affaires est en baisse de 25 à 40 %. Le noyau d'habitués, c'est-à-dire tous ceux qui prennent leur café, font l'apéro en fin de matinée et le soir, se réduit de jour en jour parce que tout ce qui faisait la convivialité a disparu. Griller une cigarette en buvant un ou deux cafés au bar le matin, c'est fini. L'apéro et la cigarette en jouant au 421, c'est fini. La convivialité, c'est un ensemble de choses. Les clients qui sont obligés d'aller se geler en terrasse pour griller une cigarette, ils abrègent. Donc ils consomment moins. »

Réduction des plages horaires

Pour pallier la perte d'exploitation, les cafetiers ont commencé à prendre des mesures. Réduction du nombre d'heures travaillées pour le personnel et embauches gelées jusqu'à la saison. « C'est tout le contraire du : travaillez plus pour gagner plus. Jusqu'à présent, nous employions huit personnes, dit Dominique Brami, la responsable du bar tabac Longchamps. Nous allons être obligés de diminuer les plages horaires. » Certains envisagent déjà de licencier : « Jusqu'à quand pourrons-nous payer nos charges ? » interroge Christine Bus du Bahia's. Et depuis peu, les établissements ferment plus tôt. « A 21 h tout est fermé. Il n'y a plus personne dans les rues. Les gens préfèrent boire chez eux. Au moins ils peuvent fumer. » Au sein du comité, la révolte gronde. « Notre clientèle, c'est 95 % de fumeurs. La clientèle qu'on a perdue n'a pas été remplacée par des non fumeurs. On s'est tous pliés à la loi. Résultat ? On est tous en difficulté » dit Christine.

C'est encore plus vrai pour Sébastien Corsiez qui a repris il y a peu l'établissement « Au soleil de Saint-Aygulf » dans lequel il a investi plus de 100 000 euros. Pour retrouver leur chiffre d'affaires, les commerçants préconisent la mise en place d'aménagements. Comme la possibilité d'équiper leurs bars d'extracteurs de fumée, la mise en place de plages horaires fumeurs (à l'apéritif du soir) et non fumeurs. « Si rien n'est fait, on agira » affirment-ils. « On est décidés à défendre l'une de nos dernières libertés. Celle de travailler.». A suivre.

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