Les personnes souffrant d'allergies ou d'asthme sont particulièrement sensibles aux polluants, comme le dioxyde d'azote, émis par les moteurs des voitures. Impossible néanmoins de mesurer avec précision les effets de cette pollution sur la santé. : Patrick Blanchard Quatre-vingt-quatre : c'est le nombre estimé de décès prématurés causés, chaque année dans le Var, par les polluants lâchés dans l'atmosphère. Pour répondre à cet « enjeu de santé publique », les autorités prennent des mesures, comme celle en vigueur aujourd'hui de baisser de 30 km/h les vitesses de circulation sur autoroutes du département (lire ci-dessous).
Calculant l'impact réel de la pollution sur la santé des personnes dans la région, la cellule interrégionale d'épidémiologie a relevé que ces 84 décès anticipés (dont trente à la suite d'une pathologie cardio-vasculaire et dix dus à une pathologie respiratoire) étaient directement liés aux pics de pollution tout au long de l'année et aux polluants « enracinés » dans l'atmosphère. « C'est surtout une estimation du nombre d'individus qui ont vu leur espérance de vie diminuée », précise l'étude.
Mortelles particules en suspension
Plus inquiétant : ce chiffre ne varie pas d'une année sur l'autre. Pourtant, il suffirait de baisser d'un quart les polluants actuels pour faire évoluer sensiblement la situation. Et éviter des dizaines de décès prématurés.
« Tous les polluants sont concernés, mais le NO2, dioxyde d'azote, est particulièrement virulent. C'est le polluant dit "des moteurs", celui émis par les véhicules », explique Yann Channac-Mongrédien, ingénieur d'études à Atmo-Paca, l'association chargée de surveiller la qualité de l'air.
« Il ne faut pas non plus négliger le poids des particules en suspension. Liées au trafic automobile, elles stagnent dans l'atmosphère et sont très dangereuses, ajoute-t-il. Actuellement, nous renforçons notre réseau de surveillance sur ces particules car leur nocivité n'est pas encore totalement évaluée. Des études ont été lancées. »
SOS enfants et malades respiratoires
Et lorsque la pollution ne tue pas, elle affecte, parfois durablement, l'état de santé des personnes les plus fragiles : enfants en bas âge, personnes âgées, ouvriers travaillant au contact de solvants, et surtout personnes ayant des difficultés respiratoires (asthmatiques, allergiques).
Alors, comment faire pour se protéger au quotidien ? « Éviter les efforts physiques à l'extérieur, qui obligent les sportifs à respirer un air pollué de façon intensive, et inciter les enfants ou les seniors à se maintenir en intérieur durant les épisodes les plus polluants », conseille Atmo-Paca.
Aujourd'hui, tous les effets dévastateurs de la pollution ne sont pas encore connus et Paca reste toujours en tête des régions d'Europe les plus polluées. L'activité de ses sites industriels (étang de Berre, golfe de Fos...) n'y est évidemment pas étrangère.
Mais le trafic automobile y est pour beaucoup dans les pics observés. Nous entrons dans la pire des périodes, où les fortes chaleurs accentuent les effets des polluants déjà dans l'atmosphère. Seuls les vents dissipent naturellement les masses polluantes qui s'accumulent. Alors, vivement les jours de mistral !