Famille, sponsors, assistance... Mathieu Serradori a la chance de pouvoir compter sur son entourage pour aborder le Dakar 2009 l'esprit tranquille. : Photo K.E Dix-neuf heures trente, terrasse du Balibar. Sous le soleil rasant, les invités se pressent déjà autour des albums photos tournés frénétiquement. Du sable, des motos, des autochtones et des palmiers et sur tous les clichés de ce rallye de Tunisie, première manche de Coupe du monde des Rallyes tout-terrain, une même cylindrée : 450, rouge vif, bien plus reconnaissable que son pilote caché sous l'attirail. « Mathieu arrive, Mathieu arrive » lâche une jeune femme. On oublie l'espace d'un instant les verres et le toast pour se tourner vers la lumière. L'illusion tunisienne est parfaite : sous le casque, on devine déjà le sourire...
Vainqueur d'étape
Malgré des lèvres brûlées par les pointes désertiques à 57°, Mathieu Serradori prend la parole et ne la quitte plus. « Je suis revenu lundi » annonce-t-il les yeux brillants. « Retour sur les chantiers, les vacances sont finies ! » Après 4 500 km de course sur 9 étapes entre Tunisie et Lybie (du 23 avril au 3 mai, avec ses 92 engins en lice), le jeune homme semble avoir gardé un rayon mauresque dans le coeur. Et une jolie 5e place au scratch qui, elle, a définitivement trouvé sa place dans la valise.
« Suite à l'enduro du Maroc de février où j'ai décroché la 6e place, je pensais terminer dans le top 10 et au final, je gagne même une étape, celle d'Idri - Idri, longue de 384 km ». Pour l'anecdote, la 5e des 9. Pour information, du 100 % hors piste. Pour la comparaison... « Un petit Dakar. Et un vrai tremplin pour la suite » reprend le Fréjusien.
Car celle qui lui apporte de son éclat, c'est bien l'héroïne de son prochain chapitre, l'aventure du Dakar 2009. « Il aura lieu le 3 janvier en Chili Argentine et tout le monde m'y suit. J'espère par ailleurs que ma perf attirera l'attention de Beta, éventuel sponsor officiel. » Chanceux ce Mathieu. Mais conscient de l'être au fil des remerciements adressés à « Meca System », « Moto Extrem », les assistants Laurent Dupas, Hervé Favanel, à tous ses sponsors et bien évidemment à ses proches. « J'ai hâte d'y être » reprend-il. La toute nouvelle brochure en main, les reliefs d'Amérique latine n'ont déjà plus de secret pour lui.
« Lacroze, c'était mon rêve... »
« Je suis confiant car j'ai beaucoup progressé en navigation, dans la gestion du temps. Je n'ai pas roulé comme un fou, juste un ton au-dessus. » Un apprentissage parfois corsé, à l'image de son étape 4 perturbée par une vidange impromptue, mais une reprise explosive dès le lendemain, jour de sa victoire. « Quand je roulais aux côtés du leader Olivier Pain (Yamaha, vainqueur du rallye) ou de Michel Marchini (3e en 2007), j'avais le couteau entre les dents. »
En souvenir, sûrement, du minot passionné qu'il était devant la toile, les arrivées tonitruantes et pieds dans l'eau sur la plage du Sénégal, « Lacroze, c'était mon rêve. »
Mathieu Serradori garde les yeux ouverts et laisse échapper un court silence. Un Dakar est mort mais un autre s'éveille. Et avec une telle fraîcheur venue du Var, 2009 promet son joli petit lot d'oasis.