Les gens du voyage réclament de s'installer sur « une aire aménagée correcte ». « Dans la région, aucune aire de grand passage n'est disponible ! », déplorent-ils. : Richard Barsotti Dans l'impossibilité de s'installer sur le terrain du lieu-dit « La Bouilla », les gens du voyage appartenant à la mission évangélique « Vie et Lumière » ont entamé des discussions avec le préfet du Var, Jacques Laisné, hier. Mais la situation n'évolue pas : 120 caravanes restaient toujours stationnées sur la route entre La Garde et Le Pradet hier soir, dans l'attente de pouvoir disposer d'une « aire viable et aménagée ».
Dénonçant une « tentative d'entrée en force » sur le terrain de La Bouilla, les policiers municipaux de La Garde avaient fait barrage au convoi des caravanes mardi soir. La mairie a, en effet, mis en avant le fait que le terrain était « en zone inondable, rouge, et pas du tout aux normes ».
« On se retrouve donc à la rue. C'est stupéfiant mais il n'y a pas une seule aire de grand passage aménagée dans le secteur. La loi l'impose pourtant », déplore le pasteur Corsellis.
« Le sud a huit ans de retard ! »
« Entre Aix et Nice, nous sommes dépourvus d'aire de grand passage, contrairement à la Loire-Atlantique, par exemple, où quatre aires sont aménagées pour les missions. Dans le sud, il y a huit ans de retard ! », dénoncent les évangélistes.
Effectivement, la loi date de 2000 et impose aux communes de mettre à disposition des gens du voyage des aires suffisamment grandes et équipées pour leur permettre de séjourner sur place en toute sécurité et avec les normes d'hygiène requises (notamment pour les enfants). La mission spirituelle, de passage dans le Var, prévoit de rester sur zone environ quinze jours.
« Mais un grand rassemblement est programmé au coeur de l'été. On ne sait pas encore où », ajoute le pasteur Corsellis. Dans la région Paca ? « Pas sûr, car le terrain devra être immense pour accueillir les sept mille caravanes attendues.»
« Autonomes sans gêner personne »
« Nous demandons des choses simples : un terrain qui soit praticable avec une arrivée d'eau. On n'a même pas besoin de l'électricité puisqu'on dispose d'un groupe électrogène. On peut vivre en autonomie sans gêner personne », raconte une famille. « Pour bien faire, nous envoyons toujours aux communes un courrier avec accusé de réception annonçant notre venue. A La Garde, nous avions écrit au maire en octobre ! Voilà le résultat ».
« Les Gardéens en ont assez ! »
« Les Gardéens en ont assez et on les comprend ! Le terrain convoité ne sera pas ouvert pour eux », réplique Jean-Pierre Haslin, adjoint délégué à la sécurité. « L'aire de La Chaberte peut accueillir tout le monde mais les gens du voyage ne veulent pas y aller. Voilà la vérité ». « Et pour cause : rien n'est aménagé. Des rats courent partout et il y a des carcasses de voitures », ajoutent les représentants de la mission. « Nous sommes même prêts à installer des containers, un point d'eau, faire des aménagements...», enchaîne M. Haslin. Chacun campe sur ses positions. Après avoir rencontré les représentants des gens du voyage, le préfet a reçu dans la soirée le maire de La Garde, Jean-Louis Masson, pour tenter de débloquer la situation.